Interview de Harshvardhan Rane pour son nouveau film Paltan

par Brigitte Leloire Kérackian

Le succès du film Sanam Teri Kasam a lancé la carrière du jeune Harshvardhan Rane à Bombay après ses débuts dans le cinéma telugu ( Qui n’a pas encore vu Sanam Teri Kasam ? Courrez vite le regarder !). En 2016 il se lance dans un film court Khamakha de Aarti Bagdi, couronné d’un Filmfare award en tant que meilleur court métrage , choix du public.

N’étant pas le fils d’un acteur à succès, d’un célèbre réalisateur ou d’un politicien, il a construit sa carrière par lui-même en quittant sa ville natale à 16 ans, avec les 100 roupies que son père lui a donné, pour rejoindre Delhi et apprendre à devenir acteur ( voir mon interview dans Fantastikindia: https://www.fantastikindia.fr/site/Interview-d-Harshvardhan-Rane ). Le 7 septembre 2018 il partage l’écran avec Sonu Sood, Arjun Rampal, et Jackie Shroff dans une oeuvre de guerre Paltan par le réalisateur JP Dutta, réputé pour ses films patriotiques avec Border et LOC Kargill. L’histoire des combats entre les armées chinoises et indienne en 1967 est peu connue alors qu’on se remémore la défaite indienne contre la Chine en 1962. Le tournage s’est déroulé dans les décors naturels du Laddakh car la région du Sikkim n’autorise pas les tournages.

Il y a plusieurs mois Abishek Bachchan était au casting mais s’est ensuite désisté en raison des dates de tournage.

BLK : On ne vous a plu vu sur les écrans depuis Khamakha . Pourquoi avoir attendu si longtemps pour tourner ?

HR: J’avais écouté des dizaines et des dizaines de narrations de film depuis des mois mais j’attendais ce film-là, c’est-à-dire une histoire pour laquelle je vibre vraiment. Les événements bénéfiques mettent un certain temps à mûrir donc il m’a fallu un certain temps pour me connecter à un récit poignant. J’appartiens à la catégorie des acteurs qui fonctionnent avec le coeur. J’étais très excité quand j’ai entendu parlé du film de JP Dutta l’an passé et j’ai été la dernière personne à être recrutée !

N’ayant pas de réseau particulier dans le milieu, j’étais parti en ballade dans la jungle comme j’aime le faire. Quand je me suis retrouvé au bord d’une route pour le ravitaillement, ma connexion internet m’a permis de voir mes messages et j’avais un message disant de contacter les bureaux JP Dutta. Heureux et nerveux à la fois évidemment! En me rendant dans les bureaux de la production, on me dit que l’accord était validé de leur côté mais il y avait un gros écueil : l’équipe partait 3 heures plus tard !

Je marque un moment de surprise. Quelle situation inattendue !(Rires!) Je rentre chez moi pour préparer ma valise et c’est le départ sans que mon entourage ne sache mon envol pour le Ladakh, excepté mes co-locataires! Et voilà comment ça s’est déroulé.

BLK : Bollywood vous réserve régulièrement des retournements de situation puisque dans Sanam Teri Kasam vous étiez le dernier recruté pour tourner! Par conséquent, comment avez-vous géré la préparation sans aucune répétition ? Avez-vous pu vous rendre sur les lieux historiques ?

HR : Exactement! C’est le destiny’s child ( l’enfant du destin)! Je suis très reconnaissant pour tous ces enchaînements de situations impromptus car ça a marché ! Quel plaisir de faire partie d’un film de JP Dutta! En arrivant au Ladakh, j’avais 1000 questions à lui poser sur le personnage : la manière de marcher de mon personnage, sa manière de crier, son attitude à l’égard de sa fiancée, de ses parents ! Mes entraînements avec Vinod Channa (son coach sportif) ont été particulièrement fructueux à ce moment-là car le tournage a débuté tout de suite. Vinod me répétait régulièrement que je n’aurais jamais suffisamment de temps pour me préparer pour un film d’action et donc, qu’ il était nécessaire d’être prêt en amont. Il m’a toujours mis en condition pour d’éventuelles scènes d’action. En arrivant sur place, j’ai pu faire des recherches historiques. Mon personnage est réel. Pour me préparer, j’ai rencontré sa famille. J’ai appris le Punjabi . J’ai passé du temps avec des fermiers et leurs familles pour m’imprégner de cet univers. J’ai partagé leurs corvées quotidiennement.

Nous n’avons pas été au Sikkim ni Nathula car il n’était pas permis de tourner donc on a recréé les sites au Ladakh. J’étais en train de tourné à 1,5 ou 2 mètres du caméraman avec un LMG (Long Machine Gun: mitrailleuse)à balles réelles , que normalement vous n’avez pas le droit d’utiliser. Comme je jouais un Sardar, personnage très émotionnel, j’ai pris la mitrailleuse en main. Une autorisation spéciale a été accordée pour que je l’utilise car un civil n’a pas le droit de la prendre en utilisant des balles réelles.

BLK : Comment travaille JP Dutta sur le plateau ? Donne- t- il beaucoup de détails ? Qu’avez vous appris au cours de tout le processus de création de ce film ?

HR : Il va droit au but! Ma famille à Gwalior était de la même veine. J’ai grandi près d’un cantonnement militaire puisque mon grand-père était colonel. Mes amis venait d’écoles militaires et on était transporté dans des bus militaires. Il fait parti des réalisateurs qui vous proposent de vous livrer face à lui et à sa caméra! Juste en suivant ses directives. Il n’exige pas de nombreux entraînements ou de répétitions astreignantes. Il voit quelque chose en vous. Il a confiance en votre capacité à représenter le personnage et à le révéler. En suivant scrupuleusement ses instructions, tout se passe très bien. J’ai appris la discipline aussi. Ce n’était pas une improvisation bien entendu car l’histoire est basée sur des faits réels, sans digressions face aux événements. Il a enquêté en profondeur sur le sujet.

JP Dutta’est un homme très droit, dévoué à la création de films sur les soldats de son pays . Son travail est au service de la nation en d’adressant à un large public. Il y a des émotions dans ses films. En fait son frère était dans l’aviation et a perdu la vie dans un accident d’avion. C’est un réalisateur franc et direct, ce qui est rare dans l’industrie cinématographique! Parfois à l’extrême de la franchise, même si c’est désagréable. Il a voulu signé pour 2 films supplémentaires avec moi , ce que j’ai accepté bien entendu.

BLK : Vous partagez l’affiche avec des acteurs célèbres : Sonu Sood, Arjun Rampal, Jackie Schroff ! Quelles ont été les premières répétitions de travail ?

HR : Nous nous sommes rencontrés dans l’avion et ils n’avaient aucune idée de ma future participation au tournage. J’étais la surprise ! J’ai découvert Arjun Rampal qui a été très chaleureux et amical avec moi! Il a tourné 35 films alors que c’est mon second long métrage à Bollywood ! Je n’imaginais pas son humour et sa capacité à mettre à l’aise tout le monde sur le plateau! L’énergie des équipes était donc très fluide et la grande bonne humeur constante. Il y avait une énorme passion sur ce tournage grâce à JP Dutta.

Dernier du casting, il y avait une énorme pression sur moi .En fin de compte, j’ai toujours travaillé sous pression je suppose! Quand vous êtes en mode “survie”, vous vous surprenez vous-même!

Brigitte Leloire Kérackian

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